Enquête suite à l'attaque de Winterthour

Le service de psychiatrie de Winterthour (ZH) a lancé une enquête externe suite à l'attaque au couteau survenue jeudi à la gare de la ville. La clinique avait estimé que l'auteur des faits "ne présentait aucun danger pour lui-même ni pour autrui".

L'homme de 31 ans qui a blessé au couteau trois personnes jeudi à Winterthour souffre de troubles psychiques et était hospitalisé dans une clinique psychiatrique. © Keystone/CLAUDIO THOMA

Cette enquête administrative externe a pour but d'examiner les procédures et les responsabilités qui ont conduit à la sortie de cet homme, ont indiqué vendredi les Cliniques psychiatriques intégrées de Winterthour (ipw). L'institution se dit choquée et profondément bouleversée par ces événements.

Placé lundi, sorti mercredi soir

L'homme de 31 ans souffre de troubles psychiques et avait été placé à titre préventif dans un établissement des ipw. Il s'était présenté lundi à la police municipale dans un état de confusion.

"A la clinique, il a été décidé qu'il ne représentait un danger ni pour autrui ni pour lui-même", a expliqué jeudi le ministre cantonal en charge de la sécurité, Mario Fehr (sans parti). "Apparemment, cette évaluation était erronée". Le suspect a quitté la clinique mercredi soir pour rentrer chez lui. Le lendemain, il agressait et blessait au couteau trois personnes, dont une grièvement.

Psychiatres pas informés des antécédents

Selon le psychologue et criminologue Jérôme Endrass, interrogé par la radio alémanique SRF, l'évaluation qui a mené à la décision de laisser sortir le patient était "naturellement erronée, après coup". Directeur de l'office cantonal zurichois d'application des peines et de la réinsertion, il rappelle toutefois qu'un psychiatre ne dispose pas des mêmes informations qu'un expert de la police scientifique.

En règle générale, les psychiatres n'ont que relativement peu de documentation sur leurs patients et surtout, aucun accès à leur dossier pénal ou à leur casier judiciaire, explique le spécialiste. Il appartient à la politique de déterminer si cet état de fait est encore adapté aujourd'hui ou si l'échange d'informations doit être amélioré, ajoute le haut fonctionnaire.

ATS
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