Dépouillements: entre téléphones interdits et portes closes
De nombreuses personnes ne vont pas chômer ce dimanche afin de comptabiliser tous les bulletins des élections et des votations.

116 communes fribourgeoises élisent leurs autorités ce dimanche. Ajoutons à cela quatre objets fédéraux soumis au peuple. Autant dire que les personnes chargées du dépouillement des bulletins de vote auront du pain sur la planche.
À Estavayer-le-Lac, par exemple, une quarantaine de personnes seront mobilisées afin de dépouiller les 4000 bulletins attendus. Une partie d’entre elles sont des employés communaux, les autres ont été désignées par les partis politiques.
Leur journée commencera à 8 heures et ressemblera à un conclave. "Elles ne pourront ressortir qu’une fois les résultats publiés", explique Armand Villadoniga, administrateur de la commune d’Estavayer-le-Lac. "Toute une logistique est organisée pour cette journée-là, que ce soit en termes de nourriture, de pauses ou de local fumeur", ajoute-t-il.
Des règles strictes et des recommandations
La priorité sera donnée aux objets fédéraux, puis aux élections communales. Il faut ouvrir les enveloppes, trier les bulletins, les comptabiliser et entrer les résultats dans un logiciel. Tout cela est encadré par les préfectures de chaque district, qui émettent certaines directives. Elles rappellent la loi. Par exemple, les personnes qui participent au dépouillement ne peuvent pas être directement liées aux candidats ou aux élus (époux, épouse, parents ou enfants). Les préfectures donnent aussi des recommandations.
Nous demandons que les portables soient interdits ou au moins éteints lors du dépouillement.
"Il y a quelques années, en voyant l’évolution des résultats, une personne membre du bureau a annoncé à un proche par SMS qu’elle était élue. Finalement, ce n’était pas le cas. Il y a eu toute une polémique et depuis, nous demandons que les portables soient interdits ou au moins éteints lors du dépouillement", explique Joël Bourqui, lieutenant de préfet du district de la Broye.
Pas de décisions individuelles
Durant le dépouillement, certains bulletins seront considérés comme nuls. C’est par exemple le cas si l’écriture est illisible. Ce genre de décision n’est pas pris à la légère. "Il y a toujours un double, voire un triple avis avant de déclarer un bulletin nul", rassure Armand Villadoniga. Ce dernier constate cependant une évolution au fil du temps. "À l’époque, on était assez strict, typiquement sur la couleur de l’encre qui devait être utilisée pour inscrire les noms sur un bulletin. Aujourd’hui, on accepte des couleurs différentes ou le crayon."
Une fois les résultats comptabilisés, ils sont insérés dans un logiciel informatique. Un outil qui a permis de gagner énormément de temps. "Il y a quelques années, on faisait le dépouillement à la main. Les résultats étaient donc attendus le dimanche soir pour les exécutifs et le lundi après-midi ou en soirée pour les législatifs", se souvient Joël Bourqui.
Ce dimanche, les résultats devraient être connus dans l’après-midi ou en début de soirée si tout se passe bien. Vous pourrez vivre cette journée en direct sur Radio Fribourg et sur Frapp. Nos journalistes seront présents aux quatre coins du canton.


