De retour à Fribourg, Musa Araz lance son Académie
Après avoir joué à Bâle, Sion ou Neuchâtel, l'ancien joueur professionnel veut faire profiter les jeunes de son expérience. Interview.

RadioFr. Depuis deux mois, vous êtes de retour dans le canton et vous jouez pour le FC Corminboeuf. Surtout, vous venez ce week-end d'inaugurer votre académie, baptisée "Next Level Academy". Que proposez-vous?
Musa Araz: Cette académie va englober les plus jeunes joueurs, dès l'âge de cinq ans, jusqu'aux joueurs de niveau professionnel, en passant par toutes les catégories d'âge et toutes les ligues, de la première ligue jusqu'à la troisième ligue. L'idée, c'est que les joueurs gardent leur licence dans leur club, mais qu'ils viennent dans l'académie pour progresser, prendre du plaisir, prendre confiance en eux. Et aussi, pour faire connaissance avec d'autres personnes. Avoir cet avantage-là de côtoyer des joueurs de clubs différents.
Concrètement, le programme prévoit deux entraînements par semaine, les mercredis et les dimanches. Mais cela va bien au-delà...
Exactement, il y aura aussi des camps qui seront proposés, deux à trois fois par année - on est en train de regarder ce qui est faisable. Nous voulons créer une synergie entre les clubs, améliorer la collaboration. Je pense que c'est comme cela qu'on va faire avancer les choses et faire encore progresser nos jeunes. On a un gros vivier dans le canton. J'ai eu la chance de vivre en dehors de la région. Quand on dit Fribourg, c'est toujours la même chose qui revient, il y a le basket, le hockey.... Mais on sait très bien aussi qu'on a de très bons footballeurs. Pour moi, on n'exploite pas encore assez leur potentiel.
Aujourd'hui, les jeunes prometteurs passent souvent par le Team AFF, puis par Young Boys, donc ils partent assez vite dans le canton de Berne. Vous avez cette volonté de garder ces jeunes ici, de les faire progresser?
Bien sûr, certains jeunes continueront à partir dans des clubs plus grands, plus attractifs, YB, ou le FC Zürich. Le but de l'académie, ce n'est pas de leur dire où ils doivent aller, mais c'est de les préparer au mieux, pour qu'ils puissent avoir le bagage nécessaire pour aller loin. On s'occupe du côté athlétique, mais aussi de l'aspect mental et médical. Et puis Laura Droz a aussi rejoint la structure, pour le côté féminin qui est primordial à nos yeux. Pour moi, malgré la forte demande, le football féminin reste un peu oublié.
On sait que souvent les enfants qui commencent à devenir bons au football, sont exposés à des dangers, à des situations compliquées. Il y a parfois des agents qui surgissent, il y a aussi l'influence des parents, des copains, tout cela n'est pas facile à gérer. Vous aimeriez donner à ces jeunes-là un encadrement un peu plus poussé?
Bien sûr, je suis là pour ça, c'est la raison pour laquelle j'ai fondé cette académie aussi: pour mettre à profit ce que moi j'ai vécu, ce que j'ai eu la chance de vivre. C'est quelque chose de positif. Cela n'a pas toujours été facile, mais je suis passé par chaque étape: que ce soit les sollicitations, les clubs, les agents, beaucoup de gens qui se mélangent: je sais comment cela se passe, je peux aussi épauler les parents. Je suis accessible, je serai toujours là aux entraînements.
S'il y avait un conseil à donner à un jeune qui a envie de faire une carrière comme la vôtre, ce serait lequel?
Prendre du plaisir au football! Il y a tellement de concurrence, il faut travailler. Beaucoup. Cela peut être dur. Mais si vous vous entraînez en ayant du plaisir, vous aurez un avantage. Avec le plaisir et l'engagement, vous pourrez aller loin.
Ecoutez l'interview complète de Musa Araf, invité de l'émission sport du dimanche soir de RadioFr. "Ici c'est Fribourg":


