De 80 à 120 armes nucléaires nord-coréennes
La Corée du Nord disposerait de 80 à 120 armes nucléaires, a affirmé jeudi le ministre sud-coréen de la défense. Quelques heures auparavant, le président américain Donald Trump avait assuré que Pyongyang en possédait 57.

"Nous estimons généralement ce nombre à environ 80 à 120", a déclaré Ahn Gyu-back face aux parlementaires, tout en refusant de donner un nombre précis.
Donald Trump a annoncé mercredi qu'il rencontrerait cette année le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. Cette rencontre, qui serait la quatrième entre les deux hommes, pourrait selon plusieurs observateurs avoir lieu en novembre en marge du sommet de l'APEC (Coopération économique de l'Asie-Pacifique) en Chine.
Depuis son premier mandat (2017-2021), Donald Trump se targue d'avoir une relation privilégiée avec Kim Jong-un, dont le pays est considéré comme une menace majeure pour la sécurité des Etats-Unis par le renseignement américain.
Cette relation est revenue sur le devant de la scène quand le président américain a décidé dimanche d'écourter des exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud. Débutées lundi, ces manoeuvres annuelles ont vu leur durée réduite de six jours.
Le milliardaire républicain a jugé mercredi qu'elles pendant mon mandat, s'est très bien conduit".s'est très bien conduit".
Décision "dénuée d'intérêt"
Kim Yo-jong, soeur influente du dirigeant nord-coréen, a affirmé mercredi qu'elle n'était "pas du tout au courant" d'une quelconque communication entre son frère et Donald Trump.
Tout en soulignant que les relations entre eux restaient "excellentes", elle a ajouté que la décision de Donald Trump concernant ces exercices "ne mérite pas d'être commentée" et qu'elle est "dénuée d'intérêt", selon un communiqué.
Ce changement de posture américaine constitue un revers de taille pour Séoul, allié historique des Etats-Unis. Un responsable militaire sud-coréen a reconnu auprès de l'AFP que la décision d'écourter l'exercice Ulchi Freedom Shield était "inhabituelle".
Le ministre sud-coréen des affaires étrangères Cho Hyun a expliqué devant le Parlement mercredi que Séoul n'avait pas été prévenu au préalable de la décision américaine.
Les Etats-Unis entretiennent un contingent de 28'500 militaires en Corée du Sud, un de leurs principaux déploiements en Asie. Une partie d'entre eux devait être mobilisée avec 18'000 militaires sud-coréens pour ces manoeuvres.
"La suspension des exercices conjoints a toujours été une condition préalable pour que la Corée du Nord s'engage dans un dialogue avec les Etats-Unis", observe pour l'AFP Park Won-gon, professeur à l'université Ewha. Aussi, cette "réduction pourrait avoir un impact positif" en ce sens, estime-t-il.
La Corée du Sud et la Corée du Nord n'ont pas signé de traité de paix à l'issue de leur conflit de 1950-1953.


