Souffrir du Covid long à 21 ans: un Gruérien témoigne

Néo Pugin vit depuis quatre ans avec le syndrome post-covid. Fatigue, douleurs et perte de repères, il raconte les conséquences de sa maladie.

Néo Pugin fait partie de ceux qui gardent des séquelles de la pandémie. Le Gruérien de 21 ans souffre depuis quatre ans d'un syndrome post-Covid, aussi appelé Covid long. Cette maladie, particulièrement difficile à détecter, concerne entre 300'000 et 450'000 personnes en Suisse.

Le calvaire a commencé en janvier 2022. "J'ai commencé à avoir mal au ventre, mais rien d'alarmant. Sauf que les douleurs ont persisté. Puis, des problèmes de concentration se sont ajoutés. J'ai dû arrêter de pratiquer la course. On a consulté des gastro-entérologues, sans succès. Six mois plus tard, lors de vacances en Autriche, j'ai connu mon premier "crash", autrement dit une explosion des symptômes. Je n'arrivais même plus à marcher", raconte-t-il.

Une chute alarmante

À cette époque, il suivait un apprentissage de paysagiste. "J'ai repris le travail et un jour, alors que je travaillais dans un talus, mes jambes m'ont lâché. Sur le moment, je n'ai pas fait cas. Sauf qu'ensuite, je ne pouvais plus passer plus de 15 minutes sans manger un bout de chocolat", explique Néo Pugin. Une situation qui le poussera en arrêt maladie. Il finira finalement son apprentissage, en travaillant à 50%.

La situation a fortement impacté sa vie sociale. "Je me suis senti très isolé et incompris. Personne ne comprenait ce que j'avais et les médecins n'avaient pas de solution. J'étais perdu. À un moment, j'étais même devenu "anti-jeunes". Je critiquais ceux qui sortaient, car je ne pouvais plus le faire. À ce moment-là, j'aurais préféré qu'on me diagnostique quelque chose de grave que rester dans l'incompréhension", livre le Gruérien.

Gérer le regard des autres

Au-delà de sa propre maladie, Néo Pugin a dû apprendre à gérer la relation avec ses proches. "Pour mes parents aussi, c'était difficile. Ils se demandaient si j'étais pas dépressif. Mais je n'y croyais pas. Je savais que si j'étais mal, c'était car ma vie s'était effondrée. Malgré tout, ils m'ont toujours soutenu." De son propre aveu, sa copine Flora l'a particulièrement aidé. "Les parents sont très impliqués émotionnellement quand on leur parle de nos soucis. Avec elle, je me suis senti compris", déclare-t-il.

Il s'agissait aussi d'accepter le regard des autres. "J'ai pu me sentir jugé, car on ne voit pas ma maladie. Parfois, j'avais l'impression que moins je me plaignais, moins bien on me traitait. Certains voulaient m'aider en me donnant des conseils ou en me disant qu'il fallait que j'arrête de me poser mille questions."

Des améliorations

Aujourd'hui, la situation s'est améliorée pour Néo Pugin. "Depuis deux ans, ma situation ne fait qu'aller vers le haut. Les progrès sont lents. Plusieurs mois passent entre chacun d'eux. Il y a des hauts et des bas, mais ça va toujours plus vers le haut. J'ai même pu refaire du sport", se réjouit-il. Il travaille désormais deux jours par semaine sur le temps de midi, dans un accueil extrascolaire. "Je cherche à faire un jour de plus. J'adore travailler avec les enfants".

Bien que la bataille ne soit pas terminée, Néo Pugin a déjà appris beaucoup de sa maladie. "Tout a commencé quand j'avais 17 ans. À cet âge, on est en pleine construction. On cherche l'approbation des autres. En grandissant, j'ai pris confiance en moi. J'ai compris que le moment où je me suis le plus senti jugé, c'était quand je me jugeais moi-même. Je profite de tout ce qu'on m'a enlevé et que je récupère maintenant", conclut-il.

Frapp - Théo Charrière
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