Conflit au Proche-Orient: vacanciers inquiets
Le conflit dans le Golfe sème l'inquiétude chez les vacanciers. Les lignes téléphoniques d'agences de voyage sont prises d'assaut.

L'embrasement de la région — après les frappes israélo-américaines de samedi et la riposte iranienne — paralyse l'espace aérien du Moyen-Orient. Les missiles ont visé des bases militaires, mais aussi des infrastructures civiles comme des hôtels et des aéroports.
Des centaines de milliers de voyageurs sont bloqués à travers le monde, jusqu'en Asie et en Océanie. Selon le Touring Club Suisse, près d'un millier de Suisses se retrouvent coincés dans une quinzaine de pays.
Lundi matin, le téléphone n'a pas cessé de sonner à l'agence Esprit du Voyage, à Fribourg. Quelques clients sont bloqués en Asie et cherchent des solutions: par où transiter, par où rentrer? L'agence fait ce qu'elle peut — mais pour les voyageurs ayant réservé leurs billets par leurs propres moyens, elle ne peut malheureusement rien faire.
À la Maison du Voyage de Bulle, aucun client n'est bloqué pour l'heure. Mais les appels affluent. Des vacanciers prévus en Égypte pour Pâques s'interrogent. La réponse est prudente: il est encore trop tôt pour se prononcer.
Chez Trip it Up à Fribourg, la directrice Pauline Musy n'a pas non plus de clients directement touchés. Elle se prépare néanmoins pour la suite: le Golfe et les Émirats sont des destinations très demandées à Pâques. Elle suit l'évolution heure par heure et rassure ses clients, y compris ceux qui partent au Costa Rica et s'inquiètent de la proximité avec les États-Unis. "Les gens sont anxieux", résume-t-elle.
Le témoignage d'un Neuchâtelois bloqué à Dubaï (son recueilli par RTN):
Vols vers Dubaï supprimés
Les compagnies du groupe allemand Lufthansa, dont Swiss, ont interrompu les liaisons depuis et vers Dubaï jusqu'à mercredi inclus. L'espace aérien des Emirats arabes unis ne peut pas être utilisé jusqu'au 4 mars.
Les vols vers Tel Aviv en Israël, Beyrouth au Liban, Amman la capitale jordanienne, Erbil dans le Kurdistan irakien, Dammam en Arabie saoudite et Téhéran en Iran sont aussi suspendus jusqu'au dimanche 8 mars.
Par ailleurs, les vols de la compagnie Qatar Airways vers et depuis Doha, également un gros hub aérien, ont aussi été suspendus.
Peut-on se faire rembourser?
Les agences s'appuient sur les recommandations du Département fédéral des affaires étrangères. Si un pays n'est officiellement plus recommandé, le remboursement est possible. Dans le cas contraire — Costa Rica ou Égypte sans avis négatif du DFAE — non. En cas d'annulation tardive, à moins de 30 jours du départ, des frais importants sont à prévoir. Au-delà de ce délai, seuls les frais de dossier s'appliquent, soit environ une centaine de francs.
Le DFAE tient une conférence de presse lundi à 12h30 pour faire le point sur la situation en Iran et sur le sort des ressortissants suisses bloqués dans la région.


