Cinq questions à la BCF: amortir le choc des taux
La Banque cantonale de Fribourg (BCF) a vu son bénéfice net baisser en 2025. Interview du président de la direction générale, Daniel Wenger.

La Banque cantonale de Fribourg (BCF) a souffert des taux d'intérêts au cours de son exercice 2025. Son président de la direction générale, Daniel Wenger, dit miser sur la diversification des revenus tout en poursuivant par ailleurs les investissements dans la numérisation.
ATS: quels ont été les facteurs de la baisse du résultat des opérations d'intérêts?
Daniel Wenger: deux éléments principaux expliquent cette diminution. Premièrement, la baisse du taux de référence de la Banque Nationale Suisse (BNS) a eu un impact important sur la rémunération des réserves de liquidités déposées auprès de la BNS, passant de 1,75% à 0% en l'espace de deux ans, ce qui a directement pesé sur le résultat. Deuxièmement, bien que dans une moindre mesure, l'augmentation des coûts de refinancement a également contribué à la baisse du revenu d'intérêts.
Comment pallier à l'effet des taux sur les revenus, et l'effet des devises sur les activités de négoce?
La planification de nos activités se base sur notre activité principale, à savoir les opérations de crédits, dont le volume est en croissance. C'est principalement par cette expansion qualitative du portefeuille de crédits que nous pouvons compenser l'effet défavorable du taux de référence de la BNS. Par ailleurs, il est essentiel de poursuivre la diversification des sources de revenus. Le développement des activités de négoce, notamment dans le domaine des devises, ainsi que le renforcement des prestations en gestion de fortune, constituent des leviers importants pour stabiliser et renforcer la performance globale de la banque.
Les charges ont augmenté cette année. Quand devraient-elles commencer à produire des effets positifs sur les résultats, et quels seront les sujets d'investissements en 2026?
Les premiers effets positifs sont déjà perceptibles grâce aux investissements réalisés dans nos plateformes informatiques et dans l'optimisation de nos processus internes. Nous avons également renforcé nos équipes et intensifié la formation de nos collaborateurs. Cet ensemble de mesures constitue un levier important pour gagner en efficacité opérationnelle. En 2026, nous poursuivons nos investissements dans la numérisation et la simplification de nos processus. Nous continuerons à développer nos applications mobile et d'e-banking. Enfin, la rénovation et la modernisation de nos succursales resteront un axe d'investissement essentiel pour renforcer la qualité de l'accueil et accompagner l'évolution des besoins de nos clientes et clients.
Quelles sont les remontées (positives et négatives) des collectivités publiques et des entreprises fribourgeoises?
Du côté des collectivités publiques, nos bons résultats permettent de verser 75,5 millions de francs au canton. En tenant compte également des impôts acquittés auprès du canton, des communes et des paroisses, le total reversé aux collectivités publiques s'élève à 84,2 millions de francs. S'agissant des entreprises fribourgeoises, la BCF continue d'assumer pleinement sa mission de soutien à l'économie locale.
Au chapitre des perspectives, qu'attendez-vous pour 2026?
Nous nous attendons à des résultats très similaires à ceux de 2025.



