Ces Fribourgeois s'attaquent à Sierre-Zinal

La course de montagne réunit ce samedi des milliers de coureurs amateurs. Quatre d'entre eux racontent comment ils abordent le rendez-vous valaisan.

Samuel Doutaz (à g.) participe à sa première course officielle à Sierre-Zinal, tandis qu'Aurélien Chatagny connaît déjà bien le parcours. © DR

Samedi, 6850 participants s'élanceront sur les sentiers valaisans de la 53e éditon de Sierre-Zinal, dont 4000 coureurs dans la catégorie populaire. Avec un objectif: venir à bout d'un tracé emblématique, et coriace: 31 kilomètres, 2200 mètres de montée, 1100 mètres de descente. Des Fribourgeois témoignent depuis Sierre, à quelques heures du grand départ, au petit matin.

Aurélien Chatagny, 30 ans: l'habitué

Ce Broyard s'apprête à disputer sa sixième édition de Sierre-Zinal, une course qu'il a vu évoluer au fil des éditions. "Quand j'ai commencé, c'était assez facile d'obtenir son entrée. Depuis, c'est presque plus dur de choper un dossard à Sierre-Zinal que des billets pour Paléo", constate-t-il, attribuant cet engouement grandissant aux réseaux sociaux, où les contenus de trail pullulent. De ses débuts "très mal préparés" à un entraînement désormais rigoureux avec davantage de renforcement musculaire, il vise cette année un chrono sous la barre des 5h. Ce qui le fait revenir? L'ambiance et le challenge du parcours. "J'ai fait quelques courses en Suisse, mais aucune ne m'apporte un tel sentiment de bonheur." Il compte bien continuer à y participer, chaque année si possible.

Samuel Doutaz, 25 ans: la grande première

Habitant d'Épagny "une région paradisiaque pour le trail", ce passionné de course s'élancera samedi pour sa toute première course chronométrée officielle. Un baptême du feu compliqué par une blessure au genou, le syndrome de l'essuie-glace, qui l'a contraint à revoir ses ambitions à la baisse. "Je pensais faire entre 4h et 4h15, mais là je pense que je me dirige autour des 4h45, 5h." Sa stratégie: ne pas partir trop vite pour retarder l'apparition de la douleur. Malgré le stress de la première fois, il se réjouit par-dessus tout d'un passage bien précis du parcours, dans la montée vers l’Hôtel Weisshorn. "Arriver devant le mur gruérien, j'ai hâte de voir les émotions que ça donne!" 

Passer le mur des Gruériens, un moment très attendu des Fribourgeois qui participent à Sierre-Zinal.

Elodie Spicher, 33 ans, l'inscription in extremis

Domiciliée à Marly et membre du club de course à pied local, Elodie Spicher n'était même pas censée être sur la ligne de départ. Malchanceuse au tirage au sort, elle avait fait une croix sur l'édition 2026. "Je suis partie en vacances, je n'y ai plus pensé." Jusqu'à ce qu'une inconnue lui cède son dossard par le biais de Facebook, deux semaines avant la course. "Je ne suis pas très préparée, mais je pense que ça ira." Pas de chrono à battre, juste du plaisir, avec tout de même une crainte: la montée qui démarre dès les premiers mètres. "L'an dernier, les sept premiers kilomètres m'ont presque fait craquer", se souvient-elle. Mais la persévérance paie. "Sierre-Zinal, c'est l'une des plus belles courses que j'ai faites. L'ambiance est incroyable, les paysages aussi. Je conseille!"

Gilles Gobet et Félicien, l'affaire de famille

Habitant de Sâles, Gilles Gobet a lui aussi couru Sierre-Zinal à plusieurs reprises dans la catégorie populaire. Mais cette année, c'est aux côtés de son fils Félicien, 11 ans, qu'il s'élancera, sur le parcours junior de 20 kilomètres. Une première pour Félicien, jeune athlète, qui rêvait de s'y essayer depuis longtemps. "Il voulait déjà le faire avant, à 10 ans, mais on n'a pas eu de dossard. On s'est dit que c'était un signe." Le duo s'est préparé sérieusement, jusqu'à se renseigner auprès d'un pédiatre. Pour Gilles Gobet, cette course en duo change surtout l'état d'esprit: "Je ne veux pas qu'il se mette une pression de temps pour cette course. Le but, c'est qu'il prenne du plaisir, qu'il continue, s'il a l'envie plus tard, de faire le grand parcours." Ce qu'il attend avec le plus d'impatience? Franchir la ligne d'arrivée ensemble, entouré de la famille venue les encourager. "Je me réjouis qu'il connaisse ça", glisse-t-il, plus habitué à voir son fils l'attendre en tant que spectateur qu'à le voir courir à ses côtés.

Frapp - Alexia Nichele
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