Souris, guêpes et fourmis envahissent les maisons
En raison de l'été très sec, les nuisibles cherchent de l'humidité et de la nourriture dans les logements. Reportage avec un désinfestateur.
Les fortes chaleurs et la sécheresse ont pour conséquence la prolifération des nuisibles dans nos régions. Quand la température s’envole, le métabolisme de nombreux insectes s’accélère, leurs œufs éclosent plus vite. Conséquence, les mouches, les guêpes et les fourmis sont plus nombreuses cette année; et plus agressives, car elles cherchent de l'eau et de la nourriture dans les maisons.
Alexandre Rametta, est désinfestateur chez Nuisigestion, une entreprise basée à Cheyres. Il est actif dans les régions de Fribourg, Vaud et Neuchâtel. Il intervient très souvent chez les particuliers pour enlever des nids de guêpes, mais il n'arrive pas à dire si ce phénomène est en augmentation. "En tant que professionnel, on fait de toute façon beaucoup de guêpes". En revanche, cette année, il a remarqué qu'il y a d'avantage de problèmes avec des rongeurs. "Par exemple pour la souris, j'ai beaucoup de demandes; mes confrères aussi. Même mon fournisseur m'a dit qu'il n'avait jamais autant vendu de produits contre les rongeurs que cette année". Habituellement, les invasions de souris ont plutôt lieu au début de l'hiver, car elles cherchent la chaleur des foyers. Cette année, elles étaient plutôt en quête de fraîcheur dans les caves et les murs des maisons, ainsi que des points d'eau.
Une année à campagnoles
Le spécialiste a été appelé mardi après-midi à Font dans la Broye pour faire un devis. Arrivé sur place, la cliente l'emmène dans le jardin et lui montre une septantaine de trous de la taille d'une balle de golfe, creusés pas des campagnols. Alexandre Rametta explique qu'il existe un flux migratoire de ces rongeurs, tous les six à huit ans, ils sont plus nombreux dans nos régions. Autre explication: "Cette année tout est brûlé de partout. Et forcément ils n'ont plus de quoi se nourrir et vivre dans les champs. Les campagnols vont chercher refuge dans des jardins entretenus". Ils y creusent des galeries souterraines qui sont reliées entre elles.
Comment les éliminer si un énorme champ se trouve juste à côté? Certaines personnes essayent de s'en débarrasser par elles-mêmes avec des ultra-sons ou des fumigènes. En cas d'échec, c'est à ce moment-là que l'expert est appelé. Alexandre Rametta utilisera des pièges mécaniques "à l'ancienne", puis des pièges à pellet. C'est des sortes de pilules à mettre sous la terre, dans les trous directement. "Il faut ensuite bien les refermer, ça va libérer un gaz qui va se propager dans les galeries et qui va éliminer ces animaux."
Aujourd'hui, le désinfestateur s'en tient seulement à un devis, mais prévient qu'il devra passer au moins deux à trois fois et assurer une maintenance. Dans la même journée, il intervient aussi pour un nid de guêpes dans la même région, à Yvonand chez la famille Bissat. Alexandre Rametta est déjà intervenu au début de l'été dans ce logement pour un nid de frelons. Quelques semaines plus tard, les guêpes se sont installées dans la façade entre les deux maisons mitoyennes. Le nid n'est donc pas visible ni accessible. Nadia Bissat avoue: "en effet on n'a pas repéré tout de suite le nid. On a d'abord trouvé plusieurs guêpes dans la buanderie. Certaines étaient mortes, d'autres étaient vivantes. Puis à peu près chaque jour on voyait une nouvelle guêpe".
L'expert est formel, cette fois on est sur un nid de guêpes communes. Il va donc "poudré", cela signifie qu'il injectera à l'aide d'une tige un insecticide à base de perméthrine, un produit chimique qu'on ne trouve pas dans le commerce. C'est seulement "au bout de 48 heures qu'on en sera 100% sûr de les avoir éliminées". La cliente est soulagée, le nid se trouvait juste à côté de la chambre de sa fille, qui ne dormait plus la fenêtre ouverte la nuit. Dans la moitié des cas, le nid de guêpes n'est pas visible et est caché dans une structure. Il faut donc appeler un professionnel si les guêpes vous dérangent.


