Caisse unique: "Il faut dépasser les réflexes partisans"
La député Vert'libérale Sandra Lepori signe une initiative cantonale pour relancer le débat sur la caisse publique unique au niveau fédéral.

Alors que les assureurs misent sur une hausse de 5% des primes de l'assurance-maladie obligatoire l'an prochain, le sujet d'une caisse publique unique est relancé à Fribourg.
Sandra Lepori (PVL) s'associe au socialiste Simon Zurich pour lancer une initiative cantonale. Cet instrument parlementaire, s'il est accepté par la majorité du Grand Conseil, invitera les Chambres fédérales à mettre au point un nouveau projet de caisse publique au niveau national.
Pour l'élue fribourgeoise, l'avantage d'une telle réforme, c'est la transparence, notamment en ce qui concerne les réserves que constituent les assureurs. "Il y a beaucoup de choses qu'on ne sait pas", relève-t-elle. "Chaque caisse suit ses propres règlements internes." Selon Priminfo, l'ensemble de ces réserves atteignent 7,8 milliards de francs en 2025. "Pas mal de gens se demandent pourquoi faire autant de réserves."
Une caisse unique permettrait aussi de gommer une partie des sommes investies par les assurances dans la publicité et les frais administratifs, qui représentent en gros 5% des primes encaissées, selon l'OFSP.
"Le statu quo n'est plus acceptable"
En 2014, le Parti Vert'libéral s'était opposé à l'initiative populaire "Pour une caisse maladie unique et sociale", soutenue par la gauche. À l'inverse, Sandra Lepori a aujourd'hui cherché le soutien des socialistes pour porter cet objet.
"En dix ans, les choses ont changé. Les préoccupations sont plus importantes", défend la député PVL. "Mon rôle n'est pas de défendre un camp, mais de trouver des solutions. Une caisse unique apportera moins de concurrence, c'est sûr. Mais face aux problèmes qu'engendrent ces coûts pour les familles et les personnes qui les paient, il faut dépasser les réflexes partisans pour aller vers une solution qui soit viable."
Sandra Lepori ne s'attend pas à convaincre la majorité de son groupe au Grand Conseil, composé en grande partie de députés libéraux-radicaux. "Si on a le PS, le groupe Vert.e.s et alliés, ainsi qu'une bonne partie du Centre, ça peut passer", estime-t-elle. Mais ses chances s'amenuisent encore plus au Parlement fédéral. "Le plus important est de créer le débat, de montrer ce que la population souhaite", conclut Sandra Lepori.
Le document a été transmis au Conseil d'État, qui lui donnera réponse avant qu'il ne soit ajouté à l'agenda du Grand Conseil.


