Le Belluard Bollwerk plonge sous terre
Le festival d'arts vivants présente cette année une trentaine de performances autour des "sous-sols toxiques" et des sujets refoulés. Il a révélé sa programmation ce mercredi.

Après une 42ème édition sur le sol et le territoire, le Belluard Bollwerk passe sous terre. Sur le thème des "Undergroud complicities", le rendez-vous fribourgeois prendra ses quartiers du 25 juin au 4 juillet 2026 à la célèbre forteresse du Belluard, mais aussi dans la rue, dans les salles de concert et divers autres endroits de la ville.
Il revient après une édition record en 2025: plus de 6'000 personnes étaient passés voir les différentes performances.
Pour cette année, la programmation tourne autour du sous-sol, "un lieu de mémoire, de traumatismes, d’archives et de vérités enfouies", écrit la directrice du festival Elisa Liepsch. La manifestation proposera un programme allant des "installations sonores dans la ville jusqu’à la performance dans un bunker, en passant par une désalpe fantaisie dé-folklorisée", ajoute le communiqué.
Au total, 29 projets de performance, d’arts plastiques, de danse, de cinéma, de musique, d’installation et de lecture raconteront les sous-sols toxiques, les sujets refoulés et cachés ou les extractions de matières premières, ainsi que leurs complices politiques et économiques.
Dans le territoire
L'ouverture du festival sera résolument ancrée dans le territoire, avec plusieurs artistes de Fribourg au programme et des thématiques questionnant le rapport aux traditions et aux origines. Tina Might partira ainsi à la recherche d’histoires derrière les visages et sous les surfaces dans le quartier du Schoenberg.
La Fribourgeoise d'origine roumaine Vanessa Cojocaru raconte la prison et les interrogatoires du régime dictatorial communiste de la Roumanie des années 50 à travers le récit de sa grand-tante Lila, révélant ainsi une expérience partagée par des milliers de femmes.
Tout au long du festival, trois expositions et une installation sonore seront présentées en différents lieux de Fribourg. L'installation multimédia immersive Performing Colonial Toxicity de Samia Henni présentera par exemple des vidéos, des textes et des documents retraçant les bombardements nucléaires français au Sahara.
Strates et sédiments
Pendant dix jours, par ailleurs, le Belluard Bollwerk se penchera sur les multiples strates, sédiments et abysses du sous-sol. Entre autres performances, Elina Kulikova et Dima Efremov descendront dans un ancien bunker à Fribourg et scruteront la menace nucléaire qui s’immisce dans les corps, les esprits et les architectures.
Le programme se clôturera avec "force et enthousiasme", promettent les organisateurs. Shayma Nader reconstruira notamment un village détruit en Palestine et emmènera les spectateurs dans une promenade virtuelle, alors que les poèmes "puissants" de Hend Jouda raconteront la joie parmi les décombres de Gaza.
Dix jours durant, le festival offrira une nouvelle fois un cadre propice aux "discussions, aux rencontres artistiques et à la musique jusqu’à tard dans la nuit", précise le communiqué.
Programme complet sur le site de la manifestation.


