BCF, UNIFR, Groupe E: la faille PHP n'épargne pas le canton
Une vulnérabilité informatique a poussé plusieurs institutions à bloquer l'accès à leur site internet préventivement. La situation se rétablit lentement.

Une faille informatique a provoqué des réactions de panique un peu partout dans le monde ces dernières heures. Derrière cette faille mondiale, un chiffre donne le vertige: 22 millions de sites internet sont concernés. En cause, le PHP, un langage informatique qui permet de faire fonctionner entre 60% et 70% du web.
Concrètement, deux failles de sécurité ont été découvertes dans la nuit de mardi à mercredi, notamment grâce à l’intelligence artificielle. Ces failles dans le code du PHP pourraient permettre à des pirates d’exécuter du code malveillant sur les serveurs concernés et d’en prendre le contrôle, avec un risque de vol des données hébergées.
C'est quoi PHP? Les explications de notre expert, Jean Nawratil:
En réaction, les fournisseurs et les services informatiques des entreprises privées ou des entités publiques ont choisi de couper temporairement leurs sites de manière préventive, le temps d’installer des mises à jour. Et parmi ces millions de sites potentiellement concernés, les sites fréquentés quotidiennement par la population fribourgeoise n’y ont pas échappé.
Des accès temporairement coupés
À la BCF, le site internet de la banque et l’accès à l’e-banking sont restés indisponibles près de 24 heures. Le situation s'est rétablie jeudi dans l'après-midi. Pourtant, "on n’a pas perdu une seule minute", assure Christine Carrard, communicante de la banque. La BCF tient à rassurer: aucun risque pour les clients n’a été identifié. L’application de l'e-banking sur smartphone n'étant pas codée en PHP, elle n'a pas été concernée par la faille.
L’UNIFR a été moins réactive. L’institution a fermé son site hier dans la soirée, avant de le rouvrir ce matin après une réunion de crise et une évaluation des risques, ainsi que l’installation de correctifs. Selon Marius Widmer, responsable du service UNICOM Communication & Médias, aucun risque n’a été identifié. Les plateformes destinées aux étudiants n’ont, quant à elles, pas été touchées.
Vers un lent retour à la normale
Chez Groupe E, le blocage était également préventif. L’entreprise a pu tout réactiver peu avant midi. Situation plus fluctuante à la Ville de Fribourg, qui confirme avoir bloqué hier certains systèmes. "Une cellule de crise a été activée pour coordonner les interventions, surveiller la situation et assurer le rétablissement progressif des services concernés," rassure la communication de la Ville de Fribourg. Pourtant, si jeudi matin le site était à nouveau accessible, il était une nouvelle fois hors service dans l'après-midi.
Le site général de l’État de Fribourg était bien accessible ce jeudi matin. Mais il avait été mis hors ligne quelques heures mercredi. Pendant ce temps, "une cellule de crise a été mise en place avec une trentaine de collaborateurs qui ont mené des investigations", détaille Fabrice Gaudiano, responsable communication pour le SITel (le service informatique). Après examen, le SITel annonce que "31 applications étaient impactées, et dix ont nécessité une intervention particulière".
Les sites des TPF, de l’HFR ou encore de Cremo ne présentaient pas de message de blocage. À ce stade, aucune fuite de données ou aucun piratage n’a été annoncé par les institutions interrogées.


