Anthony Richard monte en puissance

Débarqué cet été d'Amérique du Nord, Anthony Richard prend gentiment ses marques à Fribourg. On peut même dire qu'après quinze matches, le Québécois monte en puissance.

Anthony Richard (29, à droite) monte en puissance à Fribourg © KEYSTONE/PETER KLAUNZER

Lorsque la signature d'Anthony Richard à Fribourg a été rendue publique, le petit monde du hockey a levé un sourcil. Attaquant rapide de 29 ans, le natif de Trois-Rivières semblait taillé pour la National League avant même qu'il ne pose un patin en Suisse. Après quinze matches disputés (10 en National League et 5 en Champions League), le bilan est conforme aux attentes avec 14 points (4 buts).

Quatre buts, mais un seul à Fribourg, inscrit jeudi soir face à Ajoie lors de la victoire du champion 7-2. Un lancer parfait en power-play pour le 2-0. "C'est sûr que j'avais hâte de marquer devant cette foule, glisse-t-il en souriant. C'est tellement impressionnant quand je suis sur le banc, quand on marque ou quand je fais un assist. L'esprit qu'on a quand on marque à domicile, c'est assez spécial."

Le binôme avec Borgström

Désigné homme du match face aux Jurassiens, Anthony Richard profite de jouer avec Henrik Borgström, un attaquant avec lequel il s'entend bien: "C'est assez drôle parce qu'on a joué ensemble presque tout le mois d'août. On avait vraiment une belle alchimie avec lui et Bertschy. Seulement, ensuite il s'est blessé et même si j'ai connu de bons matches avec De la Rose et Bertschy, le coach m'a dit que ce n'était qu'une question de temps avant qu'il nous remette ensemble. On a une belle communication sur le banc. C'est un gars ultra positif. On se complète bien parce qu'il est très patient avec le puck et ça se marie bien avec mon style qui est plus +nord-sud+."

En Suisse, avec seulement six étrangers sur la glace, la pression de produire pour les imports n'est jamais totalement absente. Et même si Roger Rönnberg aime rappeler qu'il ne s'inquiète pas du passeport de ses joueurs, les joueurs étrangers ont davantage les projecteurs braqués sur eux.

"C'est évident qu'en tant qu'import, on se met toujours un peu de pression, explique le Québécois. Donc là, j'ai parlé aux entraîneurs cette semaine. Ca m'a permis de me relaxer. Et comme on a beaucoup de gars qui peuvent marquer, ça m'enlève un peu de poids des épaules. Je sais que j'ai un rôle et que je ne suis pas ici que pour marquer. Ca fait du bien de l'entendre. Et justement ce soir (réd: jeudi), j'ai joué la tête libre et cela s'est vu sur la glace."

Une ligue où l'on patine très bien

Concernant la pression pesant sur les épaules des joueurs étrangers, le Québécois développe: "Je crois que c'est le fait d'être nouveau en Europe. J'ai entendu plein d'histoires. Il y a beaucoup de clubs qui ont une réalité différente, qui ne mettent l'accent que sur les buts, les assists de leurs imports. Mais ici, on est beaucoup sur le jeu d'équipe. A Kloten, c'est par exemple Nathan (Marchon) qui fut le héros du match. On a presque toujours un héros différent à chaque match, je crois que c'est ce qui fait la force de Gottéron. Non, vraiment je me sens bien, et je suis très content de la relation que j'ai avec les entraîneurs et mes coéquipiers."

Avec 617 parties de AHL, Anthony Richard connaît bien l'antichambre de la NHL. Quelle différence l'a le plus marqué? "C'est beaucoup plus physique ici. Je crois que tu n'as pas nécessairement plus de temps avec le puck, parce que tout le monde patine très bien, c'est ce qui m'a sauté aux yeux. La Champions League était très physique avec les équipes allemandes et tchèques. En National League, tout le monde patine bien. C'est un peu moins physique qu'en Champions League, mais tu as toujours un gars sur toi et il faut jouer vite. Je commence à m'habituer au rythme de jeu et je crois que c'est une ligue qui va vraiment me plaire."

ATS
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