Accident de télécabine: "A Charmey, on voit ça avec stupeur"
Après l’accident mortel d’Engelberg, le directeur de TéléCharmey réagit. Et rappelle que les remontées mécaniques sont contrôlées de près.

Un accident rarissime a fait une victime mercredi, en Suisse centrale. La chute d'une télécabine dans le domaine skiable du Titlis a coûté la vie à son unique occupante, une femme de 61 ans. L'installation incriminée reste fermée ce jeudi jusqu'à nouvel avis sur le tronçon où est survenu le drame. L'entreprise de remontées mécaniques de la station obwaldienne ignore encore, quand elle pourra y être remise en service.
Contacté jeudi matin, le directeur des remontées mécaniques de Charmey, Claude Gendre, dit avoir appris la nouvelle avec stupeur. "On a vu ça avec beaucoup d’étonnement, parce que les installations sont faites pour que ce genre d’accident, normalement, n’arrive pas."
Comme l’ensemble de la profession, il rappelle que les télécabines modernes font l’objet de contrôles stricts et réguliers. "Ces installations sont particulièrement contrôlées, vérifiées. Il y a des systèmes d’alarme pour garantir une utilisation sûre."
Le rôle du vent en question
Au moment de l’accident, des rafales de vent étaient signalées dans la région. Une hypothèse qui reste à confirmer. MétéoSuisse a confirmé des pointes pouvant dépasser les 85 km/h dans le périmètre de l'accident.
Le vent peut-il causer la chute d'une télécabine? "Dans des situations très extrêmes, on pourrait imaginer que le vent pourrait avoir un rôle." Des protocoles précis encadrent ces situations. "À Charmey comme ailleurs, une première alerte est déclenchée à 40 km/h, tandis que les installations ne devraient plus rouler dès 60 km/h. La décision de les arrêter revient au chef d'exploitation, qui évalue la situation par rapport aux conditions sur la montagne, la direction du vent."
Cette alerte était-elle active mercredi à Engelberg ? Le vent seul a-t-il pu causer ce drame ? L'enquête conduite par les autorités nidwaldiennes le dira.
Remontées en révision avant le printemps
Dans le canton de Fribourg, la saison d'hiver s'est achevée. Les installations sont actuellement en révision avant la réouverture prévue au plus tôt début avril. Ces opérations comprennent des contrôles complets des pylônes, des lignes, mais aussi des cabines et de leurs systèmes d’attaches. "On fait beaucoup de travaux préventifs pour éviter toute forme d’accident." Les procédures, elles, ne changent pas fondamentalement. "Cet accident demande naturellement une attention particulière, mais il ne remet pas en cause nos méthodes."
Des accidents très rares
Ce type d’accident reste extrêmement rare en Suisse. Le pays a notamment renforcé de manière significative la sécurité de ses installations après le drame du 12 juillet 1972 dans le Haut-Valais, lorsqu’une cabine s’était écrasée après la rupture du câble tracteur, faisant treize morts. Cet accident, le plus grave de l’histoire des télécabines suisses, avait conduit à un durcissement des réglementations.
La Suisse compte aujourd’hui environ 2400 remontées mécaniques. Les statistiques montrent une tendance à la baisse des accidents ces dernières années. En 2024, 65 événements ont été recensés pour une vingtaine de blessés, souvent liés à des comportements inappropriés des usagers plutôt qu’à des défaillances techniques.
Selon les données de la Suva, les accidents mortels restent extrêmement rares dans la branche, avec en moyenne un décès par an dans un contexte professionnel. Des chiffres qui illustrent, malgré le drame d’Engelberg, un niveau de sécurité globalement très élevé.

