À Fribourg, la cocaïne n’a jamais été aussi accessible
Offre en hausse, prix en baisse, qualité élevée: le marché de la cocaïne explose et le canton de Fribourg n'y échappe pas. Le décryptage du procureur en charge des stupéfiants.

La cocaïne est de plus en plus accessible et consommée dans le canton de Fribourg. C’est le constat dressé par le Ministère public. En cause: une offre en forte hausse, une qualité élevée et des prix en baisse.
"Le marché explose quasiment sous les quantités qui arrivent", souligne le procureur Philippe Barboni, en charge des affaires de stupéfiants. Résultat, la drogue circule davantage et touche un public toujours plus large.
Une consommation qui se banalise
"On a souvent dépeint la cocaïne comme la drogue du riche. C'était le cas il y a quelques années, mais aujourd'hui, ce n'est plus du tout le cas", explique le procureur.
Il poursuit: "Je pense qu'il y a 20 ans, tout le monde connaissait quelqu'un qui fumait un petit peu de la beuh (cannabis), et aujourd'hui, presque tout le monde connaît quelqu'un qui consomme de la cocaïne. Ça paraît anodin pour les gens qui sortent et qui font la fête".
Des réseaux locaux et accessibles
Du côté des trafiquants, les profils sont assez variés, mais dans le canton de Fribourg, on retrouve souvent de petits réseaux d'amis, à qui une personne fournit la drogue, explique Philippe Barboni.
Il donne l'exemple de deux jeunes, qui avaient écoulé 2 kg de cocaïne et 5 kg de kétamine entre 2020 et 2023, en Gruyère.
Une hausse des cas de gros trafics
L’an dernier, environ 120 dossiers de gros trafic de drogues ont été transmis aux tribunaux, soit près du double par rapport à 2023.
"C’est une preuve significative que ça devient de plus en plus important et de plus en plus grave", estime Philippe Barboni. Il souligne que cette hausse s’explique aussi par un renforcement des moyens d’enquête et une présence accrue sur le terrain.
Crack sous surveillance, kétamine en progression
Le crack est arrivé dans le canton de Fribourg, mais la situation reste sous contrôle, souligne le Ministère public. Il n'y a pas de scènes ouvertes de consommation ou de vente de crack prêt à l'emploi.
Selon les statistiques policières 2025, une dizaine d'affaires concernant du crack ont été enregistrées dans le canton de Fribourg.
Le procureur Philippe Barboni s'inquiète par contre d'un autre phénomène: la kétamine, dont la consommation progresse en Europe. Il indique que le Ministère public n'a pas les moyens d'en faire une priorité pour le moment.


