À Bulle, la solidarité pour que la danse reste possible
Studio Danse Bulle a lancé une cagnotte afin d'installer une rampe d’accès pour Line et Lisa. L’objectif a été atteint en 48 heures.
Au Studio Danse Bulle, la passion dépasse les marches. Depuis un an, Lisa et Line, deux petites filles en fauteuil roulant, suivent des cours de danse dans cette école située dans le chef lieu Gruérien. Mais pour accéder à la salle, un obstacle de taille subsiste: un escalier raide et impraticable en chaise roulante.
Au fil du temps, l’accès au studio est devenu un problème de plus en plus pressant. "Les enfants grandissent, prennent du poids et ces escaliers sont de plus en plus difficiles, autant pour les filles que pour leurs mamans", explique Pauline Pittet, professeure de danse et responsable du projet. En hiver, la situation se complique encore: marches gelées, neige, pente raide. "Ce n’est pas digne de devoir se faire porter pour accéder à un lieu public. L’objectif, c’est qu’elles puissent rejoindre la salle avec autonomie, fierté et sécurité."
Face à l’urgence, l’équipe décide de lancer un crowdfunding afin de financer l’installation d’une plateforme électrique. Le projet est mis en ligne sur WeMakeIt… et rencontre un succès fulgurant. "Notre objectif de 20'000 francs a été atteint en 48 heures. C’était totalement inespéré", s'étonne Pauline Pittet.
Un cours créé "par hasard"
Ouvert en 2013, le Studio Danse Bulle accueille des élèves de tous âges. "C’est une école de danse et fitness qui propose des cours pour les enfants dès 2 ans, jusqu’à pas d’âge", explique sa fondatrice, Maude Siffert. Le cours destiné à Lisa et Line a vu le jour en janvier de l’année dernière, presque par hasard.
"Lisa venait voir sa sœur jumelle danser lors de notre démonstration de Noël. À la fin, elle a essayé de faire quelques mouvements avec l’aide de sa maman. C’est là que sa maman m’a dit que Lisa rêvait de faire de la danse. Et je lui ai dit: je prends ce rêve au passage."
Deux semaines plus tard, l’aventure démarrait. Rapidement, Line, elle aussi en fauteuil roulant et en quête d’une activité artistique, rejoint le duo. Depuis, les fillettes dansent ensemble chaque mois, jusqu’à monter sur scène en juin dernier lors du grand spectacle annuel du studio.
"Quand j’ai vu la réaction des gens et tous les messages reçus après le spectacle, je me suis dit qu’il fallait absolument que l’aventure continue", confie Maude Siffert.
Un élan de solidarité qui dépasse les attentes
Lorsque le studio annonce la cagnotte, l’émotion est forte. "On s’est dit que c’était un projet un peu fou, mais on a essayé. Et voir les montants monter si vite, c’était extrêmement touchant. Les gens voient quelque chose de concret."
Pour les mamans de Lisa et Line, la danse est bien plus qu’une activité. "Depuis qu’elle danse, Lisa a retrouvé un énorme sourire. Elle peut se dépenser, lâcher ses émotions et être comme les enfants de son âge", témoigne l’une d’elles. Pour Line aussi, la danse est un espace de liberté: "C’est une activité hors des thérapies, une vraie activité extrascolaire comme les autres enfants."


