15 sites prioritaires retenus pour des gravières

Le Conseil d'État adapte son plan pour l'exploitation de nouvelles gravières. Une mouture finale après deux ans de discussions et contestations.

Des nouvelles gravières pourraient bien voir le jour dans les 10 prochaines années. © La Télé

 Le Conseil d'État a adopté la révision du Plan sectoriel pour l'exploitation des matériaux (PSEM), qui définit les zones prioritaires pour l'extraction de gravier dans le canton. Cette révision, obligatoire tous les dix ans selon la loi fédérale, intègre des modifications issues de la consultation publique menée à l'été 2024.

La démarche avait suscité de nombreuses critiques, notamment concernant les impacts environnementaux et les nuisances pour les riverains. En réponse, le canton a adapté sa méthodologie de sélection des sites.


Le besoin cantonal en matériaux neufs a été réduit de 10 % grâce à une meilleure utilisation des matériaux recyclés et d’excavation. La protection des zones habitées a été définie, ainsi que celle des terres agricoles, et toute exploitation proche de captages d'eau potable nécessitera des études approfondies.

La délicate question de la distance

La loi sur l’aménagement du territoire et les constructions (LATeC) introduit le principe d’une distance minimale entre les zones d’extraction et les habitations, mais aucune distance fixe n’est imposée, selon le projet de loi transmis au Grand Conseil.

Cette flexibilité doit permettre d’adapter chaque projet de gravière au cas par cas, en fonction des réalités communales, a précisé le conseiller d'Etat Jean-François Steiert en conférence de presse.

Pour guider la planification, seul le PSEM définit des distances de référence: 100 mètres par rapport aux zones à bâtir et 50 mètres pour les habitations isolées. 

Une motion populaire lancée en décembre propose une distance minimale de 200 mètres entre les gravières et les habitations. Le Parlement cantonal devra trancher sur cette question. Il avait toutefois rejeté une telle distance par le passé, lui préférant la moitié.



Suite à ces adaptations, 15 secteurs prioritaires d’exploitation ont été retenus dans le plan directeur cantonal, contre 18 initialement. Leur potentiel exploitable s’élève à 26,5 millions de mètres cubes pour une consommation sur 25 ans.

Ces sites sont répartis dans plusieurs communes: Cugy, Haut-Intyamon, Corbières, Grandvillard, La Roche, Marly, Gibloux, Kerzers, Planfayon, Tavel et Schmitten. A noter que l'identification de ces sites ne signifie pas qu'une gravière sera automatiquement aménagée. Les communes restent souveraines sur cette décision.

Schmitten a d’ailleurs été réintégré à la sélection, après avoir été initialement classé comme « ressource à préserver ». Sylvain Jaquet, géologue au Service des constructions et de l'aménagement, explique: "Après une nouvelle analyse, nous avons constaté un déficit de plusieurs milliers de mètres cubes dans le district de la Singine." Seule une partie du site a toutefois été retenue.

Frapp - Alexia Nichele
...