12% d’impôts en moins: la droite fribourgeoise divisée

Le vote vaudois de dimanche fait des envieux à l'UDC fribourgeoise. Le PLR et le Centre demandent d’abord de freiner les dépenses.

Dimanche, les Vaudoises et Vaudois ont voté en faveur d'une baisse de 12% des impôts cantonaux. © KEYSTONE - JEAN-CHRISTOPHE BOTT

Le vote vaudois fait déjà des envieux à Fribourg. Le canton voisin vient d’accepter, par 53,1%, des voix une baisse de 12% de ses impôts cantonaux dès l'an prochain. De quoi inspirer l’UDC fribourgeoise qui annonce envisager une démarche similaire. De leur côté, PLR et Centre sont plus nuancés: avant de toucher aux recettes, il faut s’attaquer aux charges.

"Le résultat du vote vaudois, combiné au budget cantonal présenté lundi, nous amène effectivement à y réfléchir sérieusement", indique Timon Gavallet. Le président de l’UDC Fribourg rappelle que son parti soutient depuis longtemps les baisses d’impôts au Grand Conseil et dénonce "des gaspillages de l’État."

Pourquoi pas explorer une solution à la vaudoise, mais une telle démarche nécessitera une discussion avec nos partenaires bourgeois.

Pour le Brocois, une baisse fiscale pourrait aussi pousser à une meilleure maîtrise des dépenses. Timon Gavallet cite notamment les cantons de Suisse centrale, comme Lucerne et Obwald, où une baisse des impôts peut doper l'économie et, à terme, générer davantage de recettes. "Je suis partant, pourquoi pas explorer une solution à la vaudoise", écrit-il. Mais le président de l'UDC Fribourg précise "qu'une telle démarche nécessitera une discussion avec nos partenaires bourgeois, avec qui nous devrons trouver une position commune pour qu'un projet de baisse d'impôts ait des chances d'aboutir."

Priorité sur les dépenses

Mais l'entente bourgeoise fribourgeoise semble davantage se retrouver sur le fond que la forme. Le PLR se déclare ouvertement en faveur d'une baisse des contributions, mais il y a une autre priorité. "Ce n'est pas l'envie qui me manque. Je suis le premier pour, mais il faut d’abord assainir les finances", affirme Alexandre Vonlanthen.

Le président du PLR pointe notamment la hausse de 1,8% prévue dans le budget 2027 de l’État de Fribourg et estime qu’il faut d’abord identifier les économies possibles. Une position qui ne l’empêche pas de penser que la population pourrait être favorable à une baisse d’impôts: "tout le monde qui paie dirait certainement oui."

Le spectre de la LAFE

Une prédiction que ne partage pas le président du Centre Fribourg qui se montre réservé sur le modèle d'une initiative à la vaudoise. "On doit se donner la possibilité d’analyser, mais ce n'est pas un argument de campagne", estime Damiano Lepori à un mois des élections cantonales. Le parti se veut prudent après le rejet, en avril, de la loi sur l’assainissement des finances de l’État (LAFE), qui prévoyait soulager les dépenses de 405 millions de francs sur trois ans. "Il y a une sensibilité pour les services publics dans la population qu’il ne faut pas sous-estimer, estime le président du Centre Fribourg. Mais si on avait gagné avec la LAFE, j'aurais un autre avis. 

Autre point qui refroidit le Centre à l'idée d'une initiative à la vaudoise: le contexte financier entre les deux cantons n'est pas transposable. "La pression fiscale du côté vaudois est beaucoup plus forte. Le sentiment d'avoir trop payé est présent", analyse Damiano Lepori qui dit vouloir d'abord freiner l'augmentation des charges en priorité avant de baisser les recettes fiscales. Pour information, côté Vaudois, le vote de dimanche contraint l'Executif à réaliser 272 millions de francs d'économies pour 2027. 

La droite fribourgeoise, qui fait ticket commun pour les élections au Conseil d'Etat, se retrouve d’accord pour soulager les contribuables, mais pas sur la manière d'y parvenir. Le vote vaudois n’a pas, pour l’heure, déclenché de front commun fiscal à Fribourg.

Pas de projet dans les tuyaux

Les milieux patronaux vaudois était à l'origine de l'initiative victorieuse dite des 12%. Mais du côté des milieux patronaux fribourgeois, il est trop tôt pour copier les Vaudois. "Il faut en permanence réfléchir à soulager les contribuables et augmenter l’attractivité du canton en attirant du personnel", estime Reto Julmy, directeur de l’Union patronale du canton de Fribourg (UPCF). Mais comme le PLR et le Centre Fribourg, au canton de Vaud, l'UPCF appelle à freiner les dépenses en priorité. Reto Julmy qui confirme qu'aucun projet d'initiative similaire au canton de Vaud est en discussion.

Frapp - Thibaut Clémence
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